Deux

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Et ne comprend plus le monde. On ne sait plus où être. Dans la vie réelle ou sur le net. Les possibilités de vies, de carrières sont tellement nombreuses qu’on a l’impression de voir de plus en plus de paumés. Paumés, nous le sommes sans doute. On émet toujours des doutes, on ose jamais s’affirmer, s’assumer, on peut le dire nous sommes des paumés. Des solitaires entourés de solitaires. Ce monde on ne le comprend pas, nostalgique de l’époque où on ne cherchait pas à comprendre. On se demande qui suivre, on se demande comment paraître mais en jogging on est jugé; en Jean-basket on n’est pas regardé; ou bien dit « Stylé » on est jugé. On se demande si être jaloux en vaut la peine, si le fatalisme est un réconfort ou un pas vers un gouffre. On ne sait pas comme d’habitude et les gens qui croient savoir nous dirons : ça dépend de ci; ça dépend de ça. On répond alors « oui je sais bien mais j’aimerai que tout soit clair, qu’il y ait un guide pour savoir comment « être » ». C’est toujours notre problème : comment « être ».

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Un

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Et ça s’embrouille dans nos têtes. On aimerait dire tellement choses qui nous embête. On ne sait même plus où en donner de la tête. Par où on commence ? Par ce qui nous indigne, par ce qu’on a vu dans la vie ? On ne sait pas. D’ailleurs on aime bien ça, dire « j’sais pas ». C’est triste non… On est les enfants oubliés de l’histoire mon gars. On est les gens de l’ombre, les gens bons. On vient de partout et de nulle part. On ne connait pas de guerres mais on la regarde à la télé en se disant il faut agir mais voilà en occident on a la flemme. On ne vient ni de cité avec ces milliers d’histoires, on ne vient pas de milieux ruraux nous, on est de ces « monsieur tout le monde », nous. On vient de n’importe quelle rue. On connait tous ces gens ; ces bourgeois, ces racailles, ces drogués, ces nationalistes, ces écolos, ces campagnards ou encore ces utopistes, ces anti-touts, ces étudiants, ces patrons etc. On les aime tous, on essaye de les comprendre, pourquoi ils pensent comme ça, comment ils en sont arrivés là. On ne sait pas. Et nous dans tout ça il faut qu’on choisisse un camp. On ne sait même pas pourquoi. Comment fait-on pour être nous-même ? On aimerait une unité ou pas, on aimerait être connu ou pas, on aimerait être reconnu ça c’est sur mon gars. On aimerait surtout ne pas avoir peur, c’est ça. On aimerait donner un sens à sa vie, on aimerait accomplir nos souhaits. On aimerait arrêter de refaire le monde autour d’une bière pour soulager nos plaies. On aimerait refaire le monde autour d’une belle communauté diversifiée. On aimerait, on voudrait juste la paix et laper notre liberté. On se dit souvent qu’est-ce qu’on fou là. Et surtout est-ce qu’on est entendu ou lu et ça, on ne sait pas mon gars…