Quatre

Billets

On se demande où on en est. Pas loin. Pas loin, c’est juste le début de nos vies l’ami. On se plaint mais avec du recul, regarde comme elles sont belles nos vies. Ecartons-nous un instant du fatalisme et observons ce que nous avons réussi. Tu verras alors que ce n’est pas si triste l’ami. Et au final ça fait peur de réussir. On va vers la normalité, on fait tout pour ne plus avoir de soucis. On a comme du mal à s’en donner les moyens mais on s’en sortira les pieds devant en voyant toujours plus loin. Et on se dit pourquoi toujours voir demain. On en oublie souvent le présent. La paix, on nous la promet juste après s’être cassé le dos pendant nos plus belles années. Enfin bref, la vie, ce monde. Il est compliqué de s’exprimer, il est compliqué d’oser. On est trop timide pour dire « je » alors souvent on suit. On n’est pas de grands orateurs pour affirmer nos idées, alors pour se faire remarquer on met ce masque qui fait rire mais qui ne ramène pas de blé. On passe des nuits blanches à savoir ce qu’on veut vraiment, ce qu’on voudrait être vraiment, traîné, à regarder tous ces gens qui paraissent heureux. Et on se demande pourquoi pas nous. Pourquoi être peureux. On a peur de devenir artiste, d’être dans cette catégorie qui semble être à part… Cette peur d’oser, cette peur incessante de ne pas être dans les clous. On veut être dans les clous mais à notre manière. On ne veut pas de leur liberté, on voudrait notre liberté mais on n’arrive pas à s’en donner les moyens. On n’y arrive pas. On aimerait accomplir nos rêves mais la peur d’être déçu est là. Cette connasse de peur. Cette connasse de peur qui nous sauve ou qui nous fera regretter qui sait… Distrait, voilà ce qu’on est : des distraits. Incapable de se concentrer plus de vingt minutes on a l’impression d’être condamné à se chercher. On en a eu des opportunités, la peur nous a empêché de les saisir. La confiance, l’honnêteté, notre conscience nous ont ressaisis. Notre capacité à relativiser nous a relevé et on espère au plus profond de nous que des regrets ne reprendront jamais le dessus. On s’est dit on y arrivera. Ça prendra le temps qu’il faudra mais on y arrivera. Nous nous le sommes dit, nous nous le sommes promis. Un jour nous serons. Un jour nous serons les êtres que nous voudrons. Un jour nous nous en donnerons vraiment les moyens et à ce moment-là nous verrons.

Publicités